Evaluation des journées villes mortes du 26, 27 et 28 janvier à Isiro

Publié le par amale

L'année 2011 a débuté sous des jours sombres pour le Bassin de l'Uélé, surtout en ce qui concerne la sécurité des populations de Dungu, Bangadi, Doruma, Ngilima et Faradje. La LRA n'a pas encore dit son dernier mot; l'insécurité est pandémique. En date du 15 janvier, ces rebelles ont attaqué un véhicule qui revenait de Bangadi. Le bilan de cette attaque fait plusieurs blessés, mais aussi la mort de Sr Jeanne YANGANE, ophtalmologue, qui revenait d'une mission de service avec un collègue médecin. Face à ce énième cas d'attaque de la LRA, la Société Civile du Bassin de l'Uélé s'est levée comme un seul homme, se questionnant comme jadis les néophytes des Actes des Apôtres: Frères, qu'allons-nous faire? La réponse à cette question a préoccupé les forces vives de la coordination de la Société Civile et la Commission Diocésaine Justice et Paix lors d'une réunion tenue en date du 21 janvier, dans la salle paroissiale de Tely. Au cours de ladite réunion, les participants ont retenu comme actions à mener: 1. Observer trois journées villes mortes, du 26 au 28 janvier; 2. Adresser une lettre ouverte au Président de la République; 3. Et à long terme, organiser un Forum Social pour discuter des problèmes du Bassin de l'Uélé. Ayant appris la chose, le Commissaire de District convoquera une rencontre réunissant toutes les couches sociales et catégories socio-professionnelles d'Isiro. Le but inavoué de cette rencontre était double: intimider la Société Civile et étouffer l'initiative des journées villes mortes. Motifs avancés(et avoués officieusement):l'Eglise catholique veut instrumentaliser la Société Civile; ils le font parce que c'est une religieuse; les populations vont mourir de faim, etc. Évoquant la Constitution qui interdit à quiconque de forcer la population à participer à une manifestation, le CDD a espéré décourager l'initiative. De son côté, la Société Civile a affirmé qu'elle ne contraint personne. Au finish, face à ses deux son de cloche, la population a préféré celui de la Société Civile à celui de l'autorité publique. Ce mardi 17 février, les forces vives d'Isiro se sont de nouveau données rendez-vous dans la salle paroissiale de Tely pour évaluer ces journées villes mortes. On retiendra qu'en dépit de quelques cas à Kinkole et Mendambo, les journées villes mortes ont réussi au moins à 80%. Même les écoles officielles n'ont pas ouvert leurs portes; les fonctionnaires de l'administration publique eux-mêmes n'ont pas tous répondu présent à leurs postes; les médias locaux, nationaux et internationaux en ont fait large diffusion. Quel impact alors? Wait and see! En outre, les participants ont appelé la Société Civile à battre le rappel de ses troupes, afin de consolider la synergie au sein de toutes les composantes, mais aussi d'établir une communication permanente et efficace avec toutes les antennes du Bassin de l'Uélé. Il faut également retenir que la Société Civile est entrain de monter un comité technique chargé de l'organisation du Forum Social en perspective.
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